Un village au coeur des vignes

 

L’Eglise


Remarquée par Prosper Mérimée* , le Ministre des Beaux-arts du roi Louis Philippe, l’église ne fut classée Monument Historique qu’en 1846, après sa « mise hors d’eau », conditions du Ministre (archives M.H. Paris).
Elle est construite sur les ruines de bâtiments Gallo-Romains, et sur le cimetière du haut Moyen-âge qui entourait l’église paléochrétienne du Vème siècle.

 

Si l’édifice principal en forme de croix latine est datable de la seconde moitié du XIIème siècle, il a utilisé une petite église qui l’a précédé pour en faire le bras de transept et l’absidiole nord. Cette utilisation et le fait que les bâtisseurs se sont servis des fondations et des bases de murs Gallo-Romains pour dresser leurs murailles expliquent le manque de symétrie générale du monument.

 

Au XIVème siècle peuvent être attribués l’ogive de la porte, le bénitier extérieur et le remplacement de la coupole sur pendentif de la croisée de transept par un clocher donjon.

 

 

VISITE DE L’ÉGLISE

 

Tout en laissant au visiteur le plaisir de découvrir le monument voici quelques détails qu’il ne faut pas manquer :

 

Bénitier extérieur et ogive de la porte : L’ogive a remplacé une arcade en plein cintre et un bénitier a été placé très haut au-dessus du sol, ceci à en croire un érudit, pour permettre à un puissant de pénétrer dans l’église à cheval tout en se signant à l’entrée. On pense évidemment que ce puissant n’est autre que le Prince Noir.

 

Ferrure de la porte : Les ferrures qui maintiennent la porte en cœur de chêne, sont médiévales. Si au cours des siècles, le bois a été remplacé, les ferrures ont été conservées.

 

Porte de l’escalier du clocher pignon : Remarquer dans l’église à gauche de l’entrée une petite porte à une certaine haute au-dessus du sol, lui-même situé à une cinquantaine de centimètres au-dessus du niveau primitif. On y accédait avec une échelle pour emprunter l’escalier en colimaçon ménagé dans la muraille ,lequel existe toujours. Il menait au clocher pignon aujourd’hui disparu.

 

Voute de la nef : Trois chapiteaux frustres au faible relief, peut-être de réemploi, ornent les trois colonnes de la partie gauche de la nef. Remarquer le premier particulièrement naïf, qui représente deux femmes dont la première plus petite semble porter un nourrisson sur son bras gauche et un personnage brandissant un oriflamme.

 

Le chœur : C’ est la partie la plus remarquable du monument, le plus beau de Gironde aux dires de certains spécialistes du siècle dernier. L’éminent architecte, Violet Le Duc lui-même en aurait pris des croquis.

 

Dans ce décor luxuriant, il n’existe aucun motif franchement chrétien, par contre existeraient des signes ésotériques accessibles aux initiés, maîtres et compagnons, ce qui n’est pas étonnant dans un monument situé le long du chemin de Saint Jacques de Compostelle.

 

D’ailleurs des guirlandes de coquilles de Saint Jacques, guère plus grosses que des pétoncles, décorent les arcatures et il faut absolument remarquer, extraite de la légende, l’arrivée du corps de l’Apôtre sur une plage de Galice (second chapiteau à droite en partant de l’autel). Un personnage souriant tient l’extrémité d’une barque échouée sur la plage et maintenue verticale par deux accores. Dans la barque , le corps du Saint ne représente plus qu’une masse informe tant il a été poli par les mains des pèlerins.

 

Remarquer également Tobie et son poisson (premier chapiteau à gauche en partant de l’autel.

 

Bras de transept nord : ici se trouve la pierre tumulaire, issue de la sépulture de la mère de Pey Berlan, Archevêque de Bordeaux. Cette pierre fut retrouvée  au siècle dernier.

 

Absidiole nord : Ouvrir la petite porte et observer sur la voûte deux fragments de fresque. Le plus récent représente un lion et un chameau, l’autre, peut-être du XIIème siècle, montre un séraphin tendant une tunique à un personnage nu . S’agit-il du baptême du Christ ?

 

Fausses voûtes des bas-côtés : ces fausses voûtes du siècle dernier cachent malencontreusement une magnifique série de modillons sculptés qui décoraient l’extérieur de la nef primitive.

 

Extérieur de l’église : Outre le portail dont la base est romane et l’étage gothique, seule l’abside est décorée. Parmi les chapiteaux, l’un d’eux situé près de la tourelle d’escalier du clocher représentait Jérusalem Céleste, ou le temple de Jérusalem et d’ailleurs surmonté de la croix templière.

 

Une croix celtique est placée sur chacune des extrémités des bras du transept. Ces croix pourraient paraît-il représenter la signature des bâtisseurs : Les compagnons de Maître Jacques.

 

Depuis la route les pèlerins apercevaient sur le bras du transept nord un échiquier appelé « damier de Jaca », véritable balise sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

 

Les sarcophages et les coffres étaient sous la route. Ils ont été retirés au cours de la mise en place du réseau d’assainissement. Ils peuvent dater du Xème au XIVème siècle. Remarquer également les fragments du couvercle en bâtière d’un sarcophage mérovingien du VIème ou VIIème siècle.

 

Même si vous avez consciencieusement observé le monument, vous découvrirez lors d’un prochain passage des détails ou éléments nouveaux qui vous ont échappé.

 

 

 

LE PELERINAGE DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE

 

Le guide du pèlerin, écrit au milieu du XII ème siècle par le moine poitevin Aimeri Picaud, nous apprend que les pèlerins qui suivaient la voie de Tours( la plus importante puisqu’elle était empruntée par la plupart les pèlerins du Nord de l’Europe), une fois rendus à Blaye, traversaient « la mer » avant de se rendre à Bordeaux. Débarqués dans le secteur de Lamarque, ils suivaient l’antique Caussade . En arrivant devant l’église de Moulis ils apercevaient à l’extérieur du transept nord la balise constituée par le « damier de Jacca» qui leur indiquait qu’ils étaient sur la bonne route. Ils avaient le choix de continuer la Caussade qui par Le Temple de Sautuge les conduisaient au Barp, ou bien de passer par Bordeaux en empruntant l’antique Levade, celle-là même utilisée par les pèlerins Britanniques, Bretons ou Normands qui, arrivés par la mer débarquaient à Soulac ou dans les petits ports médocains.

 

Le domaine de Peyvigneau aujourd’hui propriété du château Chasse-Spleen , appartenait au XVII ème siècle aux Chevaliers de Malte. Les registres paroissiaux attribuent sa propriété au Commandeur de la Commanderie d’Arcins, Monsieur de Tourette. Les bâtiments entourent une cour carrée dans laquelle se trouve un puits. Une partie de ces bâtiments servant jadis d’enclos à cochons est percée d’ouvertures qui pourraient être celles d’une une ancienne chapelle. Situé à proximité du chemin d’Arcins à Moulis. Peyvigneau a bien pu héberger des pèlerins.

 

Bien que l’on aperçoive encore de nos jours quelques pèlerins à la coquille traversant Moulis on a peine à imaginer que des dizaines, voire des centaines de milliers d’entres-eux aient pu passer chez nous.

 

Aujourd’hui en Médoc, on semble privilégier la voie littorale au détriment de La Caussade. Aucun établissement monastique ou chevaleresque n’est rencontré sur cette voie littorale pour l’hébergement ou la protection des pèlerins. Au contraire le long de l’estuaire les Bénédictins étaient présents dans les prieurés de Soulac, Macau et au Taillan. On trouve des ordres chevaleresques entre les ports médocains de la Levade et de la Caussade : les Templiers aux Temples de Planque porte D’Arcins, du Temple de Sautuges. Les Hospitaliers à Graillan et Benon. Ceci démontre un passage intense de pèlerins côté rivière et peu de monde côté littoral ?

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